18.12.2008
Matière première
La matière est première.
Même si dans le monde des philosophes ce débat n'est pas clos, dans le mien il l'est.
Dans mon rapport au monde, dans mon univers, la matière est prépondérante.
Bien-sûr, 30 années passées à travailler le métal dans l'entreprise familiale n'y sont pas étrangères.
Bien-sûr, les techniques acquises offrent des libertés.
Mais il y a autre chose.
Que demain un coup d'état boulverse les lois du droit ou celles de la finance, et combien de gens fort savants auront tout à réapprendre, alors que mes compétences à moi seront intactes?
En cela la matière m'est rassurante.
Hubert Reeves identifie l'histoire de l'univers à celle de la complexification progressive de la matière, depuis la particule élémentaire jusqu'au cerveau humain. Cette faculté que possède la matière lui fait dire que par l'homme, l'univers prend conscience de lui-même, et que par l'artiste, l'univers continue de se créer.
En cela la matière m'est mystèrieuse.
Et puis, plus prosaïquement, il y à de temps en temps ces bouffées de jubilation dans l'atmosphère de l'atelier.
En cela , la matière m'est précieuse.
Alain Deheurles.
13:13 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Floréal
FLOREAL
La nature revendique sa place vis à vis de la technologie.
La série des "mécanorganiques" en apporte une illustration.
Au sein de la matière la révolte gronde.
Comme si de préférence les atomes aspiraient à devenir cellule plutôt que rouage, chlorophylle plutôt que carburateur, ADN plutôt que circuit imprimé.
Un jour ou l'autre cette contestation des équilibres actuels par trop instables finira par prévaloir.
Cette révolution là triomphera. Forcément.
Ne voyez pas là un accès d'optimisme forcené.
C'est seulement que rien n'indique si cela se fera avec ou sans l'homme.
Alain Deheurles.
12:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Fantaisie
Une nouvelle fois, la matière battue, tordue,chauffée.
Une nouvelle fois, les atomes arrachés, dissociés, mais aussi recombinés, au gré de l'artiste et de sa fantaisie.
Plus tard, revêtus de leurs nouvelles formes, il connaîtrons sans doute un moment de tranquilité, quelque-part, sur le coin d'une cheminée ou au fond d'un garage...
Mais à coup sûr, quand le soleil, dans la fournaise de son agonie, aura dilué la terre avec tout ce qu'elle porte, un jour viendra où ces mêmes atomes seront remis à la disposition de la nature et de sa fantaisie.
Alain Deheurles.
12:54 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note